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Slovo : časopis Staroslavenskoga instituta u Zagrebu, No.56-57 Ožujak 2008.

Izvorni znanstveni članak

La tradition latine et glagolitique des SS. Chrysogone et Anastasie dans l'hagiographie croate du Moyen âge

Ivanka Petrović

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Petrović, I. (2008). Latinska i glagoljska tradicija sv. Krizogona (Krševana) i sv. Anastazije u hrvatskoj hagiografiji srednjega vijeka. Slovo : časopis Staroslavenskoga instituta u Zagrebu, (56-57), 451-475. Preuzeto s http://hrcak.srce.hr/22377

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L’hagiographie est le témoin le plus fi able à la fois de la continuité de la littérature latine dans certaines cités de la Dalmatie byzantine et de l’Istrie après la désintégration du monde antique, et des origines de l’histoire littéraire du moyen âge croate. La tradition hagiographique cultuelle et spirituelle, mais aussi très probablement littéraire, est passée de l’antique Salone à la Split médiévale. Au contraire de ce qui se passa à Salone et à Split, on ne peut pas parler en Dalmatie entière de continuité littéraire en matière hagiographique, entre l’époque paléochrétienne et le moyen âge. Zadar a probablement adopté le christianisme aux mêmes siècles que les autres centres dalmates, mais son Église n’a pas gardé le souvenir de martyrs de la période paléochrétienne: aucune fouille archéologique n’en confi rme l’existence et la table chronologique des évêques de l’antique Jadera est pleine de lacunes. Ainsi Zadar, métropole de la Dalmatie byzantine, n’a pas transmis au moyen âge la tradition hagiographique locale de l’antiquité tardive. Les hagiographes de Zadar écrivent leurs premières oeuvres au moyen âge et les fondent sur les cultes d’une hagiographie étrangère, celles de Rome et de l’Aquilée paléochrétiennes. Ils ajoutent aux textes européens qu’ils compilent et copient, leurs propres textes, lesquels se rattachent aux translations des reliques de ces mêmes saints à Zadar (la Translation
de S. Chrysogone, la Translation de Ste Anastasie). Le milieu du Xe siècle représente la période la plus ancienne à laquelle nous
pouvons rattacher avec certitude les cultes des saints et la création hagiographique à Zadar. C’est durant cette période que l’empereur Constantin VII Porphyrogénète mentionne dans le chap. 29 de son oeuvre De administrando imperio (vers 953) les cultes de Ste Anastasie et de S. Chrysogone à Zadar, mais le début du culte de cesdeux saints dans cette ville remonte très probablement au IXe siècle. Les patrons et les titulaires des églises de Zadar furent donc des martyrs étrangers, dont la présence s’explique par les liens étroits qui existaient entre la Dalmatie et les centres d’Aquilée, de Venise, de Ravenne et de Rome. Les principaux cultes de martyrs à Zadar, apparus dans l’hagiographie latine, puis croate, appartiennent au cycle hagiographique latin de Ste Anastasie de Sirmium et de
S. Chrysogone d’Aquilée (Passio S. Anastasiae ou Passio S. Chrysogoni et sociorum, BHL 400-1795-118-8093-401). Cette longue composition hagiographique, qui forme un tout grâce à la principale héroïne, Ste Anastasie, comprenait quatre Passions, précédées d’un prologue (BHL 400): la Passion de S. Chrysogone (BHL 1795), la
Passion des saintes martyres de Thessalonique, Agape, Chionia et Irène (BHL 118) – dont on possède les acta grecs originels (BHG 34) – , la Passion de Ste Théodote et de ses fils, martyrs de Nicée en Bithynie (BHL 8093) – connue aussi en grec (BHG 1781) – , et la Passion de Ste Anastasie (BHL 401). C’est aux sources de cette hagiographie fantastique et romanesque, qui rassembla les saints de contrées lointaines aux destins divers, que s’abreuvèrent de nombreux textes latins, croates et italiens de Zadar (Passiones, Inventiones, Translationes, Miracula). Les plus anciens d’entre eux sont aujourd’hui conservés dans un passionnaire latin fragmentaire datant du XIIe ou XIIIe siècle, qui a appartenu au monastère bénédictin Saint-Chrysogone à Zadar. Le manuscrit se trouvait à Zadar, en possession de la famille des Filippi. Au milieu du XXe siècle, on perd sa trace, mais en 1997 on le retrouve à Londres; il se trouve aujourd’hui, dans le couvent des Bénédictines de Ste-Marie (sign. R-81). Le codex de parchemin est écrit en gothique et délicatement enluminé, et devait posséder à l’origine quelques 300 folios. La partie conservée possède 21 folios (fol. XXXV-LV). Il s’agit d’un fragment particulièrement précieux parce qu’il contient, en plus de textes connus du cycle hagiographique des SS. Anastasie et Chrysogone, une Translation de S. Chrysogone, en réalité Inventio – Translatio – Miracula, qui appartient à la tradition hagiographique locale dalmatocroate (fol. XXXV – XLIII). La Translation de S. Chrysogone est accompagnée dans le manuscrit croate de la Passio S. Chrysogoni avec le prologue (BHL 1795; fol. XLIIIv-L[XLIX]). Le fragment du passionnaire s’achève sur la Passio Agapes et sociarum (BHL 118, fol. L[XLIX]-LV[LIV]) ou Passion des saintes martyres de Thessalonique, Agape, Chionia et Irène, à laquelle, nous semble-t-il, manque un folio avant la fi n de la légende. Nous ne pouvons dire aujourd’hui, si le plus ancien codex latin croate sur ce sujet possédait autrefois, en plus de ces légendes, les autres parties de ce cycle (Passio S. Theodotae, BHL 8093; Passio S. Anastasiae, BHL 401). Avant que n’apparaissent les légendes hagiographiques du cycle aquiléen des XIIe/XIIIe siècles, deux codices latins, du genre Liber horarum, ayant vu le jour dans le scriptorium du monastère Saint-Chrysogone à Zadar, entre 1060 et 1090, apportent des informations précieuses sur la vénération de Ste Anastasie, de S. Chrysogone et des saints de leur hagiographie à Zadar. Ce sont le Livre d’Heures de l’abbesse Čika (Časoslov opatice Čike) et le Livre d’Heures de l’abbesse Većenega (Časoslov opatice Većenege), qui appartiennent aux premiers livres d’heures en Occident. Comme nous pouvons le constater, les prières et les vers consacrés aux patrons de la ville, dans les deux manuscrits des Livres d’Heures (dans la partie de l’offi ce appelée Suffragia Sanctorum ou Commemoratio Sanctorum), témoignent de la présence de textes appartenant au cycle hagiographique des SS. Anastasie et Chrysogone, à Zadar, dès la seconde moitié du XIe siècle. Les hagiographes de Zadar ont continué, durant les siècles qui suivirent (en particulier entre les XVIIe et XIXe siècles), à écrire et à recopier les textes relatifs à Ste Anastasie, à S. Chrysogone et aux saints de leur cycle hagiographique latin (les Passions, les Inventions, les Translations, les Miracles). Les légendes vernaculaires croates et les textes italiens ont suivi les premiers textes latins. La première partie de la Passion de S. Chrysogone (BHL 1795; la correspondance de S. Chrysogone avec Ste Anastasie) du cycle hagiographique latin des SS. Anastasie et Chrysogone se trouve dans les offi ces des bréviaires croates glagolitiques de la période comprise entre le XIVe et le XVIe siècle.

Ključne riječi
Le moyen âge croate: l’hagiographie latine et glagolitique de Ste Anastasie de Sirmium et de S. Chrysogone d’Aquilée; le cycle hagiographique européen Passio S. Anastasiae ou Passio S. Chrysogoni et sociorum (BHL 400-1795-118-8093-401); Cod. Lat. Iaderens

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