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Izvorni znanstveni članak

Le Fragment de Split du Missel glagolitique

Vjekoslav Štefanić

Puni tekst: hrvatski, pdf (22 MB) str. 54-133 preuzimanja: 364* citiraj
APA 6th Edition
Štefanić, V. (1957). Splitski odlomak glagoljskog misala starije redakcije. Slovo, (6-7-8), 54-133. Preuzeto s https://hrcak.srce.hr/13735
MLA 8th Edition
Štefanić, Vjekoslav. "Splitski odlomak glagoljskog misala starije redakcije." Slovo, vol. , br. 6-7-8, 1957, str. 54-133. https://hrcak.srce.hr/13735. Citirano 27.01.2020.
Chicago 17th Edition
Štefanić, Vjekoslav. "Splitski odlomak glagoljskog misala starije redakcije." Slovo , br. 6-7-8 (1957): 54-133. https://hrcak.srce.hr/13735
Harvard
Štefanić, V. (1957). 'Splitski odlomak glagoljskog misala starije redakcije', Slovo, (6-7-8), str. 54-133. Preuzeto s: https://hrcak.srce.hr/13735 (Datum pristupa: 27.01.2020.)
Vancouver
Štefanić V. Splitski odlomak glagoljskog misala starije redakcije. Slovo [Internet]. 1957 [pristupljeno 27.01.2020.];(6-7-8):54-133. Dostupno na: https://hrcak.srce.hr/13735
IEEE
V. Štefanić, "Splitski odlomak glagoljskog misala starije redakcije", Slovo, vol., br. 6-7-8, str. 54-133, 1957. [Online]. Dostupno na: https://hrcak.srce.hr/13735. [Citirano: 27.01.2020.]

Sažetak
Le Fragment de Split du Missel glagolitique, conservé aux Archives du Chapitre de Split, n'a pas été remarqué jusqu'à maintenant par les chercheurs, alors qu'il s'agit probablement du fragment croate glagolitique le plus ancien après les Feuillets de Vienne. C´est une feuille de parchemin, écrite en écriture glagolitique demi-ronde du type croate: toutefois, l´on n´y trouve plus, il est vrai, de signes pour y et pour les voyelles nasales, on y trouve, écrits systématiquement, les jers. Le document présente alors, au point de vue de la paléographie, le stade de la réduction à un jer, le dur (comme en moyen bulgare), mais il représente aussi l´école dans laquelle il n´y a aucune trace ni du jer croate plus récent ni des signes en forme d´apostrophe. A l´image paléographique correspond l´image linguistique. Les passages bibliques et liturgiques du fragment sont écrits en langue vieux-slave de rédaction croate: la vocalisation s´y trouve rajeunie d´une manière analogue. Une caractéristique particulière c´est adaptation du son ê au dialecte ikavien (c.-à.-d. l´ancien ê se trouve écrit fréquemment comme i, et de même manière les i ou y étimologiques sont écrits ê. Quand même, le jer n´est nullement remplacé par une voyelle pleine, il ne se trouve pas à une place incorecte, on doit le considérer alors comme un son vivant. Du point de vue de la morphologie, la situation est analogue: les mêmes formes sont le plus souvent conservées comme dans les anciens textes d´évangile glagolitiques et cyrilliques (bien sûr avec un grand nombre de contractions de sons), mais pour les adjectifs et les pronoms on trouve quelques formes nouvelles, p. e. au génitif masculin singulier où les désinences -go se trouvent remplacées de manière systématique par les désinences -ga (sega, blaženoga etc.); au dat. sign. on trouve déjà la décinence -omu (ou -umu) (blaženomu); au féminin une place spéciale est occupée par la forme pronominale tъe (au lieu de ty) au nom. pluriel; et on doit attacher une importance particulière a la forme svetoe, blaženoe (au lieu de svetie et blaženie) pour le génitif singulier de l´adjectif, forme qui ne se trouve pas confirmée par des textes bibliques anciens, mais par les documents peu nombreux, qui sont d´ailleurs de la langue croato-serbe du 13e au 15 siècle. Au point de vue de la terminologie du Missel, une importance spéciale revient aux expressions: komъkanie (en latin communio, communicare) considérée comme une confirmation de la latinité dans les Balkans à la période la plus ancienne, nadъ prinošeniem (abréviation ndprnš, super oblata), po brašьnьci (abréviation pobršnc, post communionem) – expressions connues des Feuilletes de Vienne, ainsi que svetitelъ (expression figurant dans les documents cyrilliques serbes et correspondant au latin confessor).
Le Fragment de Split (dont le texte est donné ici transcrit en caractères latins) représente d´après son contenu, un fragment du Missel romain pour le mois de décembre: il comprend les messes pour la fête de St Nicolas (il n´en est conservé que la fin), de St Ambroise (3 orasions), de Ste Lucie (antiphones, oraisons, épîtres et évanglie) et le commencement de la messe pour la fête de St Thomas. Dans cette partie, se trouvent des fragments de la Bible, c.-a-d. du psaume XLIV 2, 3, 8, 15-16, d´épître de Paul (II aux Cor. X 17-18), de l´Evangile de Matth. (XXIV 46-47 et 1-13). Les oraisons sont tirées des sacramentaires et missels latins, les oraisons pour les jours de St Nicolas et St Ambroise ne sont pas complètement identifiées. Par une comparasion plus détaillée avec les textes vieux-slaves et les textes cyrilliques plus récents d´une part, et avec les missels croates glagolitiques du 14e au 15e siècle de l´autre, l´auteur constate que les textes bibliques du Fragment de Split se basent sur une traduction cyrillo-méthodienne, mais que leur rédaction correspond plus souvent aux textes cyrilliques, provenant surtout de Bosnie, qu´aux textes du missel croate glagolitique, quelquefois plus proches de la Vulgate. Cette constation peut être confirmée par l´autres éléments linguistiques, surtout par une adaptation au dialecte ikavien déjà très enracinée, par les formes pronominales rajeunies (les missels croates glagolitiques restent fidèles aux formes traditionnelles) et par des particularités du texte, parmi lesquels mérite plus particulièrement d´être relevée une désinence figurant dans le texte de Matth. XXV 12 otkudê este, qu´on ne trouve que dans l´évangile de Hval. En comparant les textes liturgiques (oraisons) du Fragment de Split au texte du Missel croate glagolitique, on a démontré que le Fragment donne une rédaction très particulière (même quant aux traductions à partir du latin) bien différente des autres Missels glagolitiques. Le Fragment diffère même quant au culte de St Nicolas et de St Ambroise des missels glagolitiques et latins, se rapprochant par contre des textes slaves de l´Est.
On est porté alors à la conclusion que le Fragment représente un document de la première et plus ancienne rédaction de la traduction glagolitique du Missale plenum, qui était, selon toutes apparances, en usage avant la révision du Missel glagolitique – révision effectuée directement d´après les modèles de Rome à la suite des lettres du pape Innocent IV des années 1248 et 1252, adressées à l´évêque de Senj et aux Frères bénédictins d´Omišalj. Mais, si l´on tient compte des concordances (intéressant la langue, l´écriture et les mots) avec les textes cyrilliques de Bosnie (copiés, on le sait, plus ou moins sur des modèles glagolitiques), on peut supposer que le Missel de Split continuait la tradition de l´Apôtre de Gršković (qui, lui aussi, utilise le jer dur) et qu´il est peut-être originaire de Bosnie. Cette constatation peut offrir des plus larges possibilités pour expliquer l´ensemble des problèmes concernant la question des rites et des textes en Bosnie, et peut-être dans le Hum occidental et en Dalmatie.

Hrčak ID: 13735

URI
https://hrcak.srce.hr/13735

[hrvatski]

Posjeta: 893 *