hrcak mascot   Srce   HID

Izvorni znanstveni članak

Le nom de l'eveque de Zagreb dans la charte de Zadar du roi Koloman

Danijel Alerić

Puni tekst: hrvatski, pdf (20 MB) str. 155-170 preuzimanja: 199* citiraj
APA 6th Edition
Alerić, D. (1969). Ime zagrebačkog biskupa u zadarskoj ispravi kralja Kolomana. Slovo, (18-19), 155-170. Preuzeto s https://hrcak.srce.hr/13923
MLA 8th Edition
Alerić, Danijel. "Ime zagrebačkog biskupa u zadarskoj ispravi kralja Kolomana." Slovo, vol. , br. 18-19, 1969, str. 155-170. https://hrcak.srce.hr/13923. Citirano 20.01.2020.
Chicago 17th Edition
Alerić, Danijel. "Ime zagrebačkog biskupa u zadarskoj ispravi kralja Kolomana." Slovo , br. 18-19 (1969): 155-170. https://hrcak.srce.hr/13923
Harvard
Alerić, D. (1969). 'Ime zagrebačkog biskupa u zadarskoj ispravi kralja Kolomana', Slovo, (18-19), str. 155-170. Preuzeto s: https://hrcak.srce.hr/13923 (Datum pristupa: 20.01.2020.)
Vancouver
Alerić D. Ime zagrebačkog biskupa u zadarskoj ispravi kralja Kolomana. Slovo [Internet]. 1969 [pristupljeno 20.01.2020.];(18-19):155-170. Dostupno na: https://hrcak.srce.hr/13923
IEEE
D. Alerić, "Ime zagrebačkog biskupa u zadarskoj ispravi kralja Kolomana", Slovo, vol., br. 18-19, str. 155-170, 1969. [Online]. Dostupno na: https://hrcak.srce.hr/13923. [Citirano: 20.01.2020.]

Sažetak
Le nom de l'eveque de Zagreb dans la charte de Zadar du roi Koloman (Contribution au problème de la langue liturgique au commencement de l'Evêché de Zagreb)
A Zadar, dans le couvent de Sainte-Marie, appartenant aux bénédictines, se trouve une charte importante en tant que seul document faisant mention du couronnement, en 1102 à Biograd-sur-mer, du roi hongrois Koloman comme roi croato-dalmate. Comme il ne s'agit pas, en réalité, de la charte originale mais d'une copie datant du milieu du 12e siècle, les historiens hongrois de la fin u siècle dernier l'ont déclarée falsifiée. Bien que Šišić ait prouvé, d'une manière documentée, l'authenticité de cette charte de Koloman, le nom de l'évêque de Zagreb, y apparaisant en tant que témoin, reste toutefois insuffisamment expliqué. Son nom (Sigindinus) - dont aucun autre document ne fait mention, et qui par son aspect leur rappelait trop le "monde antique romain" - a fourni, aux yeux des historiens hongrois, la preuve la plus convaincante que la charte était falsifée.
Šišić, lui-même, admettait déjà la possibilité que le copiste eût commis des erreurs en copiant les noms de la charte de Koloman. Certains de ces noms étant connus des autres chartes sous une forme plus correcte, Šišić voyait justement dans ce fait une "prevue vigoureuse" que le copiste devait avoir sous ses yeux le texte de la charte originale. Le nom Sigindinus est sans doute le résultat d'une erreur assez compliquée commise par le copiste. Supposant notamment qu'il est le résultat de l'analyse de l'abréviation Sigindus où le tilde barrait l'axe de la lettre semi-onciale, carolingienne d (à axe vertical) ou bien il touchait cet axe à la partie droite - de la même manière pouvait être abrégé, par contraction, le nom germanique latinisé Sigismundus. En réalité, le copiste ne pouvait conclure facilement qu'il s'agissait là de l'abréviation du nom Sigismundus, parce que, originaire de Zadar, il n'était pas assez familiarisé avec ce nom pour être en mesure de la reconnaître sous frome d'abréviation.
En faveur de l'existence de l'abréviation Sigindus dans l'original de la charte de Koloman, témoigne le fait qui a déterminé le copiste, semble-t-il, à résoudre non seulement cette abréviation mais aussi, vraisemblablement, l'abrévation redio (=remedio) au commencement de la charte. Il semble que dans la charte originale de Koloman la lettre d des abréviations redio et Sigindus avait le caractère semi-oncial, carolingien (peut-être, la charte en entier était-elle écrite en caractères carolingiens); le tilde barrait l'axe vertical de la lettre d, ou bien il touchait cet axe seulement à sa partie droite, et donnait l'impression de n'en constituer qu'une ramification. En copiant les abréviations, le copiste s'est probablement rendu compte de l'existence d'un tilde après avoir déjà écrit la lettre onciale d qui dans la "beneventana" (dont il se servait) était plus habituel. Comme il ne pouvait plus barrer par un tilde l'axe courbé, du fait que cela ne correspondait pas aux règles d'emploi du tilde dans la "beneventana" et respectivement à la manière dont il employait le tilde, il s'est décidé à résoudre les abrévations. Tandis qu'il a résolu l'abréviation redio en superposant les lettres me aux lettre io (!), il a commencé à résoudre l'abréviation Sigindus immédiatement après avoir, par erreur, écrit la lettre onciale d, convaincu qu'il s'aggisait là d'un nom appartenant, d'après les lettres finales, au groupe des noms comme Bernardinus (: Bernandus), Galdinus (: Galdus) etc.
En dépit de l'origine germanique du nom Sigismond, plusieurs indices nous autorisent à conclure que l'évêque de Zagreb de ce nom était d'origine française:
1. le culte de Saint-Sigismond, roi bourgond (516-523), était répandu, au moins jusqu'au 12e siècle, très probablement sur le seul territoire linguistique français;
2. les livres liturgiques parvenus à Zagreb, peut-être à l'occasion de la fondation de l'Evêche de Zagreb (vers 1094), et devenus par la suite la base de l'ancien rite zagrébois (parmi ces livres ce distingue particulièrement le "sacramentarium" de Sainte-Marguerite MR 126) étaient faits d'après un original provenant de la France du Nord; on peut en conclure qu'ils étaient apportés à Zagreb en partie ou entièrement par les soins de Sigismond; en tant que bénédictin marquant du couvent hongrois de Saint-Egide près de Somogyvár, il était probablement désigné d'abord comme un des coadjuteurs les plus importants du premier évêque de Zagreb-Duh;
3. au commencement de son règne, le roi Koloman a fait tout son possible pour lier de nouveau les relations avec le pape Urban II (1088-1099, que son prédécesseur Ladislas avait interrompues vers la fin de 1091; l'Evêché de Zagreb étant fort vraisemblablement fondé avec le consentement de l'anti-pape Clémént III, le roi avait beaucoup de raisons pour désigner à sa tête un évêque qui, de même que le pape Urbain II, était Français, et tout particulièrement vu le fait qu'il espérait que cet évêque serait le meilleur interprète, auprès du pape, de ses aspirations à la conquête de toute la Croatie et de la Dalmatie;
4. c'est un Français, Odilon, qui, à l'occasion de la prise de ces contacts, avait mené avec succès à sa fin cette mission médiatrice - et c'était ce même abbé du couvent de Saint-Egide à Saint-Gilles (France Méridionale) qui a fondé en 1091 le couvent de Saint-Egide près de Somogyvár, mentionné ci-dessus - et l'on peut supposer qu'il désirait à son tour un Français à la tête de l'Evêché de Zagreb.
On peut supposer, à la lumière de ces faits, que c'était justement l'évêque Sigismond qui, ultérieurement, a introduit dans le sanctoral du "sacramentarium" de Sainte-Marguerite MR 126 la prière à Saint-Fiacre, mort comme ermite bénédictin près de Meaux (France du Nord) vers 670.
Les données sur l'évêque de Zagreb, dont fait mention la charte du roi Koloman de Zadar datant de 1102, qui se sont cristallisées ici, confirement donc la thèse, généralement admise, de Ritig, Fancev et Kniewald que la langue liturgique de la période la plus ancienne de l'Evêché de Zagreb était le latin et non pas le slavon. D'après ce qu'on peut conclure - surtout après l'étude de J. Hamm sur les gloses dans la Bible de Rado - le premier évêque de Zagreb, le Tchèque Duh, ne connaissait pas le vieux slave. A cause de tout cela devient encore plus convaincante la thèse de M. Pantelić à savoir que le sanctoral provenant des couvents bénédictins en France, est inclus dans les livres liturgiques glagolitiques quelque part à Zadar, ou bien dans un des centres religieux d'Italie et non pas à Zagreb, ou bien les couvents bénédictins en Hongrie.

Hrčak ID: 13923

URI
https://hrcak.srce.hr/13923

[hrvatski]

Posjeta: 577 *