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Original scientific paper

Maison aux trois portes dans la rue des Juifs a Dubrovnik

Duško Živanović


Full text: croatian pdf 4.219 Kb

page 25-38

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cite


Abstract

Dans la sexterce St Nicolas, partie septentrionale de Dubrovnik intramuros, de nombreuses maisons citadines ont péri au cours des siècles dans les incendies et les tremblements de terre ou succombé à cause de la vétusté de leur construction. Les propriétaires de ces maisons, souvent de faible condition économique, prenaient l’habitude de réparer ou de reconstruire leur demeures en utilisant les matériaux et les éléments architecturaux en pierre des ruines voisines. Ainsi, dans cette partie de la ville, bon nombre d’immeubles témoignent de cette coutume en montrant sur leur façade des éléments qui, de toute évidence, n’appartiennent pas à la construction primitive.
Cependant, la maison aux numéros 18 et 20 de la rue des Juifs (Žudioska), au coeur du ghetto ragusain d’autrefois, attire particulièrement l’attention; elle se distingue des autres bâtiments par quelques détails peu ordinaires de ses aspects extérieurs et intérieurs.
La partie supérieure de l’immeuble porte les traces des réparations ultérieurs, confirmées par l’inégalité de ses fenêtres, la disparité de ses détails et la patine plus claire du mur de façade. Par contre, la partie inférieure, comportant le Rez-de-Chaussée haut et bas, paraît être authentique, sauf une fenêtre du magasin, de mauvaise finition et dont les dimensions sont anormalement importantes à cet endroit.
L’originalité de cette partie de l’immeuble réside dans la présence de trois portes, situées à trois niveaux différents, suivant les marches de la rue en forte pente. Cet exemple est unique dans les maisons familiales de ce type. Il faut noter que la plupart de ces demeures a été construite d’après un schéma, adopté d’une manière systématique, et qui comporte un magasin avec accès indépendant et une entrée d’immeuble au Rez-de-Chaussée, des chambres aux étages et une cuisine au dernier niveau, le tout desservi par un escalier à une volée.
L’examen détaillé du mur et des portes démontre que ces trois ouvertures
étaient prévues à leur emplacement actuel dès le début de la construction. De plus, leur style et l’exécution de leurs détails, le numérotage régulier des portes avec des chiffres arabes utilisés aux 15. et 16. siècles, les marques d’appartenance de l’immeuble à une confraternité de prêtres, enfin l’analyse architecturale montrant clairement la disposition du plan initial, confirme cette opinion.
Néanmoins, il reste à savoir pour quelle raison exceptionnelle cette maison avait besoin de trois portes? En l’absence de documents écrits on ne peut que proposer quelques explications plausibles. Ainsi, dans certaines villes du Littoral adriatique et surtout en Italie au cours des 15. et 16. siècles on trouve quelquefois une petite porte affectée particulièrement à l’enlèvement des cercueils (»porta del morto«). Ces portes sont habituellement marquees d’une croix, ce qui n’est pas le cas ici. Il faut mentionner, également, le fait que la maison était certainement habitée par des Juifs à l’époque du ghetto. Suivant les procès-verbaux, conservés dans les archives, les Juifs ont fait de très importantes modifications à l’intérieur des immeubles du ghetto abattant des cloisons, perçant des murs, créant des ouvertures nouvelles, pour faciliter l’accès direct à la synagogue. Ceci explique peut-être les changements intérieurs de la maison en question, mais non l’utilisation de la troisième porte en façade.
Enfin, une des explications possibles serait la présence d’une institution religieuse ou privée au Rez-de-Chaussée haut, ayant besoin d’un accès indépendant et direct de la rue. Etait-ce le siège de la Confraternité de prêtres (Fraternitas Presbiterorum), propriétaires de plusieurs maisons de rapport et dont les sigles sont gravés sur les linteaux des portes? Cette supposition est renforceé par une autre porte, de style baroque, richement décorée et qui se trouve à l’entrée de la pièce, côté intérieur.
L’immeuble comporte d’autres particularités comme, par exemple, des bancs en pierre dans les allèges des fenêtres, remplaçant utilement les balcons dans les rues étroites de la sexterce. Le type de fenêtre en demi-cercle représente également un certain intérêt malgré leur aspect modifié. En effet, le nom »guerbavitza« (fenêtre bossue), que l’on mentionne souvent dans les
contrats et les marchés d’entrepreneurs des 15. et 16. siècles, pourrait être appliqué à cette forme d’ouverture.
En dépit de très nombreuses modifications, subies au cours du temps, la modeste maison aux trois portes dans la rue des Juifs complète d’une manière intéressante et utile la connaissance du développement de l’architecture civile à Dubrovnik.

Keywords

maison, Dubrovnik, rue des Juifs

Hrčak ID:

243148

URI

https://hrcak.srce.hr/243148

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