Original scientific paper
https://doi.org/10.17234/SRAZ.70.3
Qui dit quoi à qui : le problème du locuteur dans les Maximes de La Rochefoucauld
Primož Vitez
; Faculty of Arts, University of Ljubljana, Ljubljana, Slovenia
Abstract
Le classicisme français utilise la maxime comme instrument textuel idéalisé, une espèce
de poétisation de la réflexion moraliste de l’époque. Le moralisme choisit les thèmes
essentiels et abstraits, pour en élaborer la formulation par le recours aux structures
rigoureusement cohérentes, formellement conclues. L’écriture de La Rochefoucauld
constitue un matériel linguistique qui permet de comparer les différentes attitudes
que l’énonciateur s’attribue dans la diversité de son oeuvre. Quand on projette son
Autoportrait (1659) sur l’ensemble canonique des Maximes (1678), on remarque que le
je auto-descriptif du premier est radicalement retranché au second pour accentuer
l’idéalisation de l’analyse moraliste qui se propose d’exclure toute déixis personnelle
et identifie cette absence à celle du nom divin. Mais cette exclusion auto-référentielle
renforce, dans le ton général de l’énonciation, la position d’un locuteur implicite qui
constitue une instance intouchable, énonçant le jugement sur son objet : l’humanité.
Keywords
La Rochefoucauld; Maximes; Autoportrait; moralisme; locuteur explicite/implicite
Hrčak ID:
345577
URI
Publication date:
18.12.2025.
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